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  "J’AI OSE LA SYRIE… POURQUOI ?"

Parce qu’une amie est prieure du Carmel d’Alep et que j’avais dans le cœur d’aller prier avec la communauté qui a choisi de rester sur place pendant les 4 années de bombardements et aussi pour une quête de vérité sur la situation de cette ville que l’on disait COMPLÈTEMENT détruite en décembre 2016.

Je suis donc partie seule en mai dernier via Beyrouth et taxi jusqu’à Alep pour passer 10 jours au milieu de ce peuple aleppin héroïque.

J’ai pu rencontrer les chrétiens de Caritas, des Maristes bleus d’Alep, la communauté de l’Eglise latine du père Ibrahim Alsabagh, les Franciscaines Missionnaires de Marie, le Service Jésuite des Réfugiés, tous au service des déplacés, des « sans plus rien », des enfants dénutris, traumatisés, musulmans et chrétiens, des handicapés et des vieillards. 

J’ai essayé de comprendre comment ils ont pu vivre sans eau chez eux, sans électricité ou si peu, sans pouvoir acheter de quoi manger, sans pouvoir se soigner, dans la peur permanente de recevoir une balle, des éclats de bombe ou un tir de mortier sur leur maison. Mais la survie est inventive…

J’ai vu les quartiers d’Alep Est musulmans, en ruine où des familles continuent de vivre dans des immeubles rafistolés ; j’ai vu le centre historique millénaire de la ville dévasté par les combats.

J’ai vu les quartiers d’Alep Ouest debouts mais troués au hasard par les tirs de mortier ou de bouteille de gaz remplies de clous. Quartiers qui ont accueilli les déplacés de l’Est. 

J’ai vu  les multiples maisons fermées de ceux qui sont partis.

J’ai vu la tombe d’une petite jumelle, Emilie, de 2 ans tuée par un sniper à côté de son papa dans la rue.

J’ai vu Milad, 5 ans, vivant à l’Ouest avec son papa alors que sa maman est partie en Suède avec sa demi sœur, ils attendent le regroupement familial depuis 3 ans.

J’ai vu Baddieh, petit musulman de 5 ans, orphelin vivant à l’Est avec son grand père et sa jeune tante qui a bouleversé mon cœur. N’étant jamais allé à l’école, il était si heureux de dessiner sur mon carnet  un « bonhomme » digne d’un enfant de 2 ans!

J’ai vu l’immense générosité et enthousiasme des chrétiens jeunes et plus âgés dans l’aide aux plus pauvres. J’ai constaté l’absence des hommes de 28/45 ans.

J’ai pu retrouver tous ces visages à Noël lors de mon 2ème séjour. La ville va mieux, la vie reprend ses droits mais il y a tant à faire pour consolider l’humain dans ces êtres, enfants ou adultes, traumatisés par le stress et les visions de mort de ces années atroces. Un projet de toutes les confessions chrétiennes d’Alep se crée : 4 000 enfants chrétiens de 0 à 15 ans ont besoin d’aide psychologique et nutritionnelle pour assurer leur avenir : « un système d’assurance médicale locale » est créé pour l’année 2018, revenant à 4€ par visite. Si vous voulez, nous soutiendrons ce projet pendant le Carême!

 Oui j’ai osé ce voyage, poussée par l’Esprit et je rêve de jumelage avec ces "héros".

Yallah  Salam ! en avant en paix !


Anne de Longueville



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