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Le Notre Père change !

En France, à partir du dimanche 3 décembre 2017, dans toute célébration liturgique, la formulation du Notre Père change ! A la place de « ne nous soumets pas à la tentation », nous dirons : « ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Le texte original du Notre Père est en grec. La traduction que nous utilisons actuellement date de 1966. Elle a été écrite dans l’élan de la réforme liturgique du concile Vatican II. 

La traduction actuelle de la sixième demande comporte une difficulté de compréhension. En disant « ne nous soumets pas à la tentation », nous pouvons entendre que Dieu pourrait nous soumettre à la tentation, nous éprouver en nous sollicitant au mal. Ce n’est pas là la foi chrétienne. Saint Jacques par exemple, dit clairement : « Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise : "Ma tentation vient de Dieu", Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne » (Jc 1, 13).

Mal comprise, cette formule avait besoin d’être modifiée. Cela a pris du temps… Ce changement avait des implications œcuméniques.

La nouvelle traduction – « ne nous laisse pas entrer en tentation » écarte l’idée que Dieu lui-même pourrait nous soumettre à la tentation. Le verbe « entrer », avec son dynamisme, reprend l’idée d’un mouvement, comme on part au combat. Or, c’est bien d’un combat qu’il s’agit : le combat spirituel. Dans l’affrontement décisif avec le Prince de ce monde, au jardin des Oliviers, Jésus prie : « Père, s’il est possible que cette coupe passe loin de moi ». Les disciples que nous sommes font la même prière pour eux-mêmes et leurs frères en humanité : « ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Accueillons avec joie et humilité ce changement. Au cours de la messe, nous disons cette prière juste avant la communion. Par une expression commune, nous expérimentons à la fois notre union au Christ – Jésus prie en nous – et l’unité de l’assemblée. En passant tous ensemble, le même jour, à cette nouvelle traduction, nous manifestons notre attachement à la communion. 

Ne nous laissons pas succomber à la tentation de résister à un tel changement !


P. Sébastien de Groulard
Responsable du Service diocésain de pastorale liturgique et sacramentelle


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